mamyblue

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Posté le: 12-04-2008 10:28 Sujet du message: bergere et chevalier 2 |
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Thibaut resta un peu interdit. Puis, en riant, il retourna vers son cheval qui broutait tranquillement.
Il fit le tour de quelques fermages, puis s’en retourna au château.
Son maître d’armes l’attendait.
Il se défendit comme sur un champ de bataille. Son professeur lui en fit la remarque :
« Diantre quelle énergie ! Quelle mouche vous a piqué ? Je ne vous ai jamais vu si combatif, vous mettriez à vos pieds une armée entière ! Les félons doivent bien se tenir ! Je suis fier de vous ! ».
Il fit le tour de ses écuries, appela le forgeron, car il avait remarqué une faiblesse sur les antérieurs de sa monture qui pouvait venir des fers.
Il prenait grand soin de ses chevaux, il tenait à les panser lui-même, et surveillait la qualité du fourrage et des grains d’avoine ;
Une sieste, il s’octroya. Puis, souper étant prévu, il se rendit aux cuisines pour surveiller le repas.
Thibaut aimait festoyer. Entouré de ses amis barons et hautes gens, il se sentait à l’aise.
Sa table était réputée pour bonne chère.
Potage, rots divers, composés principalement de volailles rôties comme les cygnes, paons, et entremets se succédaient. Mais ce soir, de nombreuses épaules de mouton farcies, étaient apprécies des convives.
De plus, les soupers étaient copieusement arrosés de cervoise, cidre et vins doux du Languedoc.
Tous riaient haut et fort, en trinquant au blason de leur hôte ;
Les servantes emplissaient, comme tonneau sans fond, les verres qui s’entrechoquaient.
Thibaut était incapable de se fixer. Son esprit vagabondait. La conversation paillarde de ses convives l’irritait presque. Il refusa d’entonner les chansons paillardes habituelles.
Sa cousine, libre et libertine, à l’autre bout de la table lui lançait oeillades et mots doux. Il la revoyait la veille dans son lit, fade et soumise à son plaisir, et l’image de cette bergère en futaine, attifée, se superposait à celle de son amante, pourtant parée de vêtements de brocart scintillants.
Prétextant contrariété d’estomac, il se leva de table et sa chambre regagna.
Il était furieux, sans comprendre la raison, renvoya son valet attitré pour le coucher, se coucha dans ces draps de toile fraîche, et sombra dans un sommeil plein de visions.
Au petit jour, il se réveilla, hébété et en sueur.
Habillé et chaussé prestement, il réveilla ses gens. Il prit rapide collation, en maugréant.
Un de ses chiens venu pour se faire caresser, reçut un coup de pied, il partit se coucher sous un meuble en hurlant. Sa nourrice le regarda, très étonnée, mais ne dit mot, tant son ire semblait grande ! Cette humeur plus que maussade, n’était point coutumière..
Il pria son varlet de préparer son fidèle destrier, et en le bousculant sauta avec une énergie guerrière, et entreprit une course pour calmer ses sens. |
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