mamyblue

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Posté le: 13-04-2008 08:20 Sujet du message: bergere et chevalier .3 |
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Le pont-levis à peine abaissé, il partit, comme le diable, éperonnant sa monture et l’invectivant pour une allure plus rapide.
Le petit jour semblait laiteux. Des brumes matinales donnaient une atmosphère féerique à toute la campagne. Les ornières humides maculaient son cheval de boue ainsi que ses bottes.
Des lapins détalaient à son approche, ainsi qu’un cerf majestueux qui s’engouffra dans la forêt toute proche.
Une lumière irréelle, propice aux apparitions émergeait des frondaisons, perlées de rosée, comme mille pierreries.
Il galopait, son cœur au rythme de son cheval, et se sentait comme ivre, dénué de toute raison et de tout raisonnement.
Sa monture épuisée par cette course inhabituelle, calma son rythme. Thibaut regarda autour de lui, comme si, il revenait dans le présent, après une course maléfique.
Les prés communaux s’étalaient devant lui, humides, vert tendre dans cette lumière naissante.
Reprenant son souffle, il se sentait apaisé .Un peu comme un but atteint, longuement recherché, une quête enfin obtenue.
Son regard se figea. Devant lui, un tableau pastoral s’offrait.
Une presque enfant, assise, tenait dans ses bras un agnelet, et sa voix cristalline, s’élevait pure .Autour d’elle , des brebis qui semblaient la protéger, et un chien, couché à ses pieds, qui avait juste levé la tête et dressé les oreilles, en gémissant un peu.
IL hésitait, ne sachant quelle contenance prendre. Il se sentait gauche et étrangement ému. Ses jambes flageolantes, semblaient ne plus vouloir le porter.
Le sang battait à ses tempes. Il s’approcha.
Le chien à l’approche se leva, curieusement sans animosité, et vint le renifler.
Elle voulut crier, mais étonnée, pétrifiée, elle se figea ; en serrant encore plus fort ce petit agneau.
IL vit spectacle plus beau que celui de la madone dans sa chapelle. Des yeux, source limpide et un teint d’opale, un ovale parfait.
Ses cheveux longs et bouclés, couleur ambre, s’échappaient de sa coiffe, de coton.
Thibaut n’était point habitué à voir une chevelure libre, les gentes dames, se rasant assez haut,sur le front et les rassemblant en un chignon très serré, pour porter la coiffe à cornes, à la mode .
Son banolier, de chanvre écru, sur un corsage échancré, mettait en valeur une poitrine prometteuse. Un cordon noir, avec une petite croix d’argent était la seule fioriture.
Point de cotardie pour elle. Juste un jupon épais de toile grossière, qu’un troussoir relevait, sur le côté , pour une marche plus aisée.
Banolier : ceinture large portée sous les seins.
Cotardie : sorte de robe dont on relevait le bas avec un troussoir pour marcher.
Troussoir : sorte de broche.
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