mamyblue

Inscrit le: 21 Fév 2008 Messages: 137 Localisation: 01 la dombes
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Posté le: 11-04-2008 10:31 Sujet du message: la bergère et le chevalier -1- |
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Son cheval se cabra. Thibaut faillit tomber.
Il était sorti, comme à l’accoutumée, très tôt. Il aimait voir le jour se lever sur la campagne. L’heure où le soleil embrase l’horizon, le parant de pourpre et d’or, comme un miracle.
Ce spectacle, il aimait le voir et le revoir, jamais pareil suivant les saisons et le temps .Il lui semblait qu’il puisait une force qu’il redistribuait après dans ses chevauchées, en harmonie avec sa monture.
L’heure où la rosée perle et irise les buissons, où les toiles d’araignées, ourlées d’humidité se transforment en somptueux bijoux, où les aubépines exhalent leur parfum, fleurs si modestes mais d’un blanc immaculé.
Le bruit des sabots de son destrier, arrachant les mottes de terre, l’envol des perdrix surprises et affolées, qui s’envolaient en piaillant, les cerfs qui détalaient si gracieusement à son approche le nourrissaient et semblaient pour un temps, combler le vide de sa vie.
De bonne naissance, Thibaut de Sauvigny était fils unique.
A contre cœur, son père avait respecté la tradition. Il avait été tout d’abord page, chez son parrain, de haute noblesse. Sa constitution robuste et sa joie de vivre, le goût des armes et des chevaux contribuèrent à faire de lui un dévoué écuyer. Il se souvenait, toujours ému de son adoubement, où enfin, chevalier, il avait pu retourner au château, auprès de son père.
Il faisait sa fierté, car il réunissait toutes les qualités du chevalier : il était pieux et vaillant, Loyal, généreux. De plus, il avait grande maîtrise de lui-même, tant en actes qu’en paroles.
De plus, le mode de vie changeait. Les mœurs se faisaient plus douces. Et Thibaut se sentait plus proche de ces nouveaux chevaliers courtois, et de plus haïssait ces chevaliers félons, qui déshonoraient leur rang..
Il maîtrisa son cheval, un magnifique arabe andalou, à grand ‘ peine, et découvrit la cause de l’écart de sa bête.
Une pauvre petite brebis se tenait au milieu du chemin. Il vit alors, une enfant, qui accourait, le regard courroucé, et qui l’invectivait avec force.
En riant haut et fort, il mit pied à terre. Tant de hardiesse venant de ce petit bout de femme le stupéfia.
Il était habitué aux servantes qui tenaient yeux baissé devant lui, sans mot dire, alors il dévisagea cette créature sortie de nulle part.
Il n’avait point coutume de regarder les petites gens, et celle-ci lui parut surnaturelle.
Tout d’abord il la trouva presque dénudée. Son corsage au cordon défait laissait entrevoir une poitrine déjà formée et laiteuse.
Son jupon de chanvre grossier, dont le coin était attaché dans sa ceinture, laissait voir des jambes aux fines attaches qui contrastaient avec des sabots grossiers et trop grands pour elle.
Elle n’était plus une enfant.
Très en colère, elle avait trébuché.
Il enleva son gant et lui tendit la main. Effrontés, sans baisser les yeux, elle ne la prit point. Se frottant le mains sur son tablier, elle se redressa et suivie de sa brebis elle s’enfuit sans se retourner.
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