La mère de Martine l'accueillit fort bien, lui donna á souper et lui fit raconter son histoire. Il finissait á peine son récit qu'on entendit heurter violemment á l'huis. C'était l'ogre qui revenait. Aussitá´t sa femme ouvrit la caisse de l'horloge et Martin s'y blottit.
L'ogre se mit á table et mangea la moitié d'un veau qu'il arrosa de trois grands brocs de bière brune. Quand il en fut au dessert, il flaira á droite, á gauche, et se tournant vers l'horloge:
« Tiens! dit-il, la patraque est arrêtée!
— Ne vous dérangez point, mon père, s'écria Martine. Je vais la remonter á l'instant. »
Mais l'ogre était un homme d'ordre. Il se leva et alla ouvrir la caisse:
« Oh! fit-il, le joli moricaud! C'est donc cela que je sentais la chair fraîche! »
Martine se jeta á son cou.
« Mon bon père, épargnez-le, je vous en prie. Il est si gentil!
— Il sera mieux encore, accommodé aux pruneaux! » répondit l'ogre.
Il saisit son grand couteau et commença de l'aiguiser.
« Je vous reconnais bien lá , dit alors sa femme. Notre fille est tantá´t en á¢ge de se marier, et, á cause de vos goá»ts dépravés, personne n'en voudra que le grand Guillaume. Il nous tombe du ciel un fils de roi dont nous pourrions faire un gendre. Monsieur n'a rien de plus pressé que de le mettre á la broche. On n'est pas plus mauvais père. »
L'ogre qui, au fond, n'était point un méchant homme, fut sensible á ce reproche. D'ailleurs, la perspective d'avoir un prince pour gendre lui souriait fort.
« Ah! c'est le fils d'un roi, dit-il. Eh bien! s'il s'engage á épouser Martine, je consens á m'en passer, bien qu'il semble déjá tout rissolé. »
Martin n'avait nullement envie de se marier. Il regarda Martine. La pauvre fille n'était point belle, mais sa figure exprimait tant de bonté qu'elle vous gagnait le cÅ“ur.
Le gars jugea qu'il devait être moins désagréable de faire le bonheur de la fille que celui du père. « Je l'épouserai, » dit-il, et le visage de Martine rayonna.
Le jeune prince lui avait plu tout de suite, et elle détestait profondément le grand Guillaume, un vieux célibataire, qui la recherchait á cause de sa dot.
Mais l'ogre était pétri d'amour-propre. Il trouva la réponse bien froide et que le prince avait été long á se décider.
« Ce n'est pas tout de dire: « Je l'épouserai, » reprit-il, il faut voir si tu es digne de posséder un beau-père tel que moi. Qu'est- ce que tu sais faire? »
Martin fut fort embarrassé. Il ne savait rien faire du tout, et, á ce point de vue, le campénaire l'avait véritablement élevé comme un prince. Il résolut de payer d'audace, et répondit bravement:
« Commandez, j'obéirai.
— Eh bien! demain, au petit jour, nous irons dans la forêt et tu m'abattras cent mencaudées de bois. En attendant, va te coucher, dors bien et ne fais pas de mauvais rêves. »La mère de Martine l'accueillit fort bien, lui donna á souper et lui fit raconter son histoire. Il finissait á peine son récit qu'on entendit heurter violemment á l'huis. C'était l'ogre qui revenait. Aussitá´t sa femme ouvrit la caisse de l'horloge et Martin s'y blottit.
L'ogre se mit á table et mangea la moitié d'un veau qu'il arrosa de trois grands brocs de bière brune. Quand il en fut au dessert, il flaira á droite, á gauche, et se tournant vers l'horloge:
« Tiens! dit-il, la patraque est arrêtée!
— Ne vous dérangez point, mon père, s'écria Martine. Je vais la remonter á l'instant. »
Mais l'ogre était un homme d'ordre. Il se leva et alla ouvrir la caisse:
« Oh! fit-il, le joli moricaud! C'est donc cela que je sentais la chair fraîche! »
Martine se jeta á son cou.
« Mon bon père, épargnez-le, je vous en prie. Il est si gentil!
— Il sera mieux encore, accommodé aux pruneaux! » répondit l'ogre.
Il saisit son grand couteau et commença de l'aiguiser.
« Je vous reconnais bien lá , dit alors sa femme. Notre fille est tantá´t en á¢ge de se marier, et, á cause de vos goá»ts dépravés, personne n'en voudra que le grand Guillaume. Il nous tombe du ciel un fils de roi dont nous pourrions faire un gendre. Monsieur n'a rien de plus pressé que de le mettre á la broche. On n'est pas plus mauvais père. »
L'ogre qui, au fond, n'était point un méchant homme, fut sensible á ce reproche. D'ailleurs, la perspective d'avoir un prince pour gendre lui souriait fort.
« Ah! c'est le fils d'un roi, dit-il. Eh bien! s'il s'engage á épouser Martine, je consens á m'en passer, bien qu'il semble déjá tout rissolé. »
Martin n'avait nullement envie de se marier. Il regarda Martine. La pauvre fille n'était point belle, mais sa figure exprimait tant de bonté qu'elle vous gagnait le cÅ“ur.
Le gars jugea qu'il devait être moins désagréable de faire le bonheur de la fille que celui du père. « Je l'épouserai, » dit-il, et le visage de Martine rayonna.
Le jeune prince lui avait plu tout de suite, et elle détestait profondément le grand Guillaume, un vieux célibataire, qui la recherchait á cause de sa dot.
Mais l'ogre était pétri d'amour-propre. Il trouva la réponse bien froide et que le prince avait été long á se décider.
« Ce n'est pas tout de dire: « Je l'épouserai, » reprit-il, il faut voir si tu es digne de posséder un beau-père tel que moi. Qu'est- ce que tu sais faire? »
Martin fut fort embarrassé. Il ne savait rien faire du tout, et, á ce point de vue, le campénaire l'avait véritablement élevé comme un prince. Il résolut de payer d'audace, et répondit bravement:
« Commandez, j'obéirai.
— Eh bien! demain, au petit jour, nous irons dans la forêt et tu m'abattras cent mencaudées de bois. En attendant, va te coucher, dors bien et ne fais pas de mauvais rêves. »
La mère de Martine l'accueillit fort bien, lui donna á souper et lui fit raconter son histoire. Il finissait á peine son récit qu'on entendit heurter violemment á l'huis. C'était l'ogre qui revenait. Aussitá´t sa femme ouvrit la caisse de l'horloge et Martin s'y blottit.
L'ogre se mit á table et mangea la moitié d'un veau qu'il arrosa de trois grands brocs de bière brune. Quand il en fut au dessert, il flaira á droite, á gauche, et se tournant vers l'horloge:
« Tiens! dit-il, la patraque est arrêtée!
— Ne vous dérangez point, mon père, s'écria Martine. Je vais la remonter á l'instant. »
Mais l'ogre était un homme d'ordre. Il se leva et alla ouvrir la caisse:
« Oh! fit-il, le joli moricaud! C'est donc cela que je sentais la chair fraîche! »
Martine se jeta á son cou.
« Mon bon père, épargnez-le, je vous en prie. Il est si gentil!
— Il sera mieux encore, accommodé aux pruneaux! » répondit l'ogre.
Il saisit son grand couteau et commença de l'aiguiser.
« Je vous reconnais bien lá , dit alors sa femme. Notre fille est tantá´t en á¢ge de se marier, et, á cause de vos goá»ts dépravés, personne n'en voudra que le grand Guillaume. Il nous tombe du ciel un fils de roi dont nous pourrions faire un gendre. Monsieur n'a rien de plus pressé que de le mettre á la broche. On n'est pas plus mauvais père. »
L'ogre qui, au fond, n'était point un méchant homme, fut sensible á ce reproche. D'ailleurs, la perspective d'avoir un prince pour gendre lui souriait fort.
« Ah! c'est le fils d'un roi, dit-il. Eh bien! s'il s'engage á épouser Martine, je consens á m'en passer, bien qu'il semble déjá tout rissolé. »
Martin n'avait nullement envie de se marier. Il regarda Martine. La pauvre fille n'était point belle, mais sa figure exprimait tant de bonté qu'elle vous gagnait le cÅ“ur.
Le gars jugea qu'il devait être moins désagréable de faire le bonheur de la fille que celui du père. « Je l'épouserai, » dit-il, et le visage de Martine rayonna.
Le jeune prince lui avait plu tout de suite, et elle détestait profondément le grand Guillaume, un vieux célibataire, qui la recherchait á cause de sa dot.
Mais l'ogre était pétri d'amour-propre. Il trouva la réponse bien froide et que le prince avait été long á se décider.
« Ce n'est pas tout de dire: « Je l'épouserai, » reprit-il, il faut voir si tu es digne de posséder un beau-père tel que moi. Qu'est- ce que tu sais faire? »
Martin fut fort embarrassé. Il ne savait rien faire du tout, et, á ce point de vue, le campénaire l'avait véritablement élevé comme un prince. Il résolut de payer d'audace, et répondit bravement:
« Commandez, j'obéirai.
— Eh bien! demain, au petit jour, nous irons dans la forêt et tu m'abattras cent mencaudées de bois. En attendant, va te coucher, dors bien et ne fais pas de mauvais rêves. »
La mère de Martine l'accueillit fort bien, lui donna á souper et lui fit raconter son histoire. Il finissait á peine son récit qu'on entendit heurter violemment á l'huis. C'était l'ogre qui revenait. Aussitá´t sa femme ouvrit la caisse de l'horloge et Martin s'y blottit.
L'ogre se mit á table et mangea la moitié d'un veau qu'il arrosa de trois grands brocs de bière brune. Quand il en fut au dessert, il flaira á droite, á gauche, et se tournant vers l'horloge:
« Tiens! dit-il, la patraque est arrêtée!
— Ne vous dérangez point, mon père, s'écria Martine. Je vais la remonter á l'instant. »
Mais l'ogre était un homme d'ordre. Il se leva et alla ouvrir la caisse:
« Oh! fit-il, le joli moricaud! C'est donc cela que je sentais la chair fraîche! »
Martine se jeta á son cou.
« Mon bon père, épargnez-le, je vous en prie. Il est si gentil!
— Il sera mieux encore, accommodé aux pruneaux! » répondit l'ogre.
Il saisit son grand couteau et commença de l'aiguiser.
« Je vous reconnais bien lá , dit alors sa femme. Notre fille est tantá´t en á¢ge de se marier, et, á cause de vos goá»ts dépravés, personne n'en voudra que le grand Guillaume. Il nous tombe du ciel un fils de roi dont nous pourrions faire un gendre. Monsieur n'a rien de plus pressé que de le mettre á la broche. On n'est pas plus mauvais père. »
L'ogre qui, au fond, n'était point un méchant homme, fut sensible á ce reproche. D'ailleurs, la perspective d'avoir un prince pour gendre lui souriait fort.
« Ah! c'est le fils d'un roi, dit-il. Eh bien! s'il s'engage á épouser Martine, je consens á m'en passer, bien qu'il semble déjá tout rissolé. »
Martin n'avait nullement envie de se marier. Il regarda Martine. La pauvre fille n'était point belle, mais sa figure exprimait tant de bonté qu'elle vous gagnait le cÅ“ur.
Le gars jugea qu'il devait être moins désagréable de faire le bonheur de la fille que celui du père. « Je l'épouserai, » dit-il, et le visage de Martine rayonna.
Le jeune prince lui avait plu tout de suite, et elle détestait profondément le grand Guillaume, un vieux célibataire, qui la recherchait á cause de sa dot.
Mais l'ogre était pétri d'amour-propre. Il trouva la réponse bien froide et que le prince avait été long á se décider.
« Ce n'est pas tout de dire: « Je l'épouserai, » reprit-il, il faut voir si tu es digne de posséder un beau-père tel que moi. Qu'est- ce que tu sais faire? »
Martin fut fort embarrassé. Il ne savait rien faire du tout, et, á ce point de vue, le campénaire l'avait véritablement élevé comme un prince. Il résolut de payer d'audace, et répondit bravement:
« Commandez, j'obéirai.
— Eh bien! demain, au petit jour, nous irons dans la forêt et tu m'abattras cent mencaudées de bois. En attendant, va te coucher, dors bien et ne fais pas de mauvais rêves. »
La mère de Martine l'accueillit fort bien, lui donna á souper et lui fit raconter son histoire. Il finissait á peine son récit qu'on entendit heurter violemment á l'huis. C'était l'ogre qui revenait. Aussitá´t sa femme ouvrit la caisse de l'horloge et Martin s'y blottit.
L'ogre se mit á table et mangea la moitié d'un veau qu'il arrosa de trois grands brocs de bière brune. Quand il en fut au dessert, il flaira á droite, á gauche, et se tournant vers l'horloge:
« Tiens! dit-il, la patraque est arrêtée!
— Ne vous dérangez point, mon père, s'écria Martine. Je vais la remonter á l'instant. »
Mais l'ogre était un homme d'ordre. Il se leva et alla ouvrir la caisse:
« Oh! fit-il, le joli moricaud! C'est donc cela que je sentais la chair fraîche! »
Martine se jeta á son cou.
« Mon bon père, épargnez-le, je vous en prie. Il est si gentil!
— Il sera mieux encore, accommodé aux pruneaux! » répondit l'ogre.
Il saisit son grand couteau et commença de l'aiguiser.
« Je vous reconnais bien lá , dit alors sa femme. Notre fille est tantá´t en á¢ge de se marier, et, á cause de vos goá»ts dépravés, personne n'en voudra que le grand Guillaume. Il nous tombe du ciel un fils de roi dont nous pourrions faire un gendre. Monsieur n'a rien de plus pressé que de le mettre á la broche. On n'est pas plus mauvais père. »
L'ogre qui, au fond, n'était point un méchant homme, fut sensible á ce reproche. D'ailleurs, la perspective d'avoir un prince pour gendre lui souriait fort.
« Ah! c'est le fils d'un roi, dit-il. Eh bien! s'il s'engage á épouser Martine, je consens á m'en passer, bien qu'il semble déjá tout rissolé. »
Martin n'avait nullement envie de se marier. Il regarda Martine. La pauvre fille n'était point belle, mais sa figure exprimait tant de bonté qu'elle vous gagnait le cÅ“ur.
Le gars jugea qu'il devait être moins désagréable de faire le bonheur de la fille que celui du père. « Je l'épouserai, » dit-il, et le visage de Martine rayonna.
Le jeune prince lui avait plu tout de suite, et elle détestait profondément le grand Guillaume, un vieux célibataire, qui la recherchait á cause de sa dot.
Mais l'ogre était pétri d'amour-propre. Il trouva la réponse bien froide et que le prince avait été long á se décider.
« Ce n'est pas tout de dire: « Je l'épouserai, » reprit-il, il faut voir si tu es digne de posséder un beau-père tel que moi. Qu'est- ce que tu sais faire? »
Martin fut fort embarrassé. Il ne savait rien faire du tout, et, á ce point de vue, le campénaire l'avait véritablement élevé comme un prince. Il résolut de payer d'audace, et répondit bravement:
« Commandez, j'obéirai.
— Eh bien! demain, au petit jour, nous irons dans la forêt et tu m'abattras cent mencaudées de bois. En attendant, va te coucher, dors bien et ne fais pas de mauvais rêves. »
