Il a posé ses lèvres sur ses cernes.
Elle a fermé les yeux sous cette caresse,
Submergée par cette vague de tendresse
Un regain de sève déboule dans ses veines.
Son cÅ“ur s’accélère, hésite, explose
Mille lumières s’harmonisent, faisceau lumineux
Qui semble vouloir paver jours heureux
Elle n’ose rouvrir les yeux, douce hypnose.
Les nuits passées á chercher dans ses souvenirs
Les étreintes, les visages, les sensations
Que la vieillesse vous a ravie, horizon
Macabre d’un présent inexorablement sans désir.
Leurs mains se sont unies, livres ouverts
De leur longue vie, stigmates indélébiles,
Qui sont leur richesse, limon fertile
Pour un dernier tableau, á découvert.
Sur ce banc, ils attendaient la visite improbable
De leurs enfants, dans cette résidence mouroir,
Mais le destin se veut noble et charitable
Et efface, dans ce baiser, leur désespoir.




