de marie le 13-02-2008 16:31
"Il faut savoir partir." C'est ainsi qu'Henri Salvador avait fait ses adieux á la scène et á son public, en décembre dernier, au Palais des Congrès de Paris. Le chanteur, qui avançait sans rire (pour une fois) avoir un millier de chanson en réserve, mais ne voulait "pas chanter avec le Samu sur scène", est décédé mercredi matin á 90 ans á son domicile parisien d'une rupture d'anévrisme, a annoncé sa maison de disques, Polydor
Henri Salvador était tout d’abord un rire. Puissant, fréquent, omniprésent. Enervant parfois aussi, tant il ponctuait chacune des phrases et saillies du Guyanais, qui n'en était pas avare. Mais c’est ainsi que le dandy affichait sa joie de vivre, son bonheur non feint d’être au quotidien. Pétanqueur á ses heures (dix-sept fois champion d’Ile-de-France et quatre fois champion de Paris, raconte son autobiographie), gouailleur, hableur, siesteur, mais aussi et surtout chanteur, Salvador était un personnage.
Vétéran de la chanson française, Salvador avait composé et interprété nombre de succès populaires: «Syracuse», «Une chanson douce», «Zorro est arrivé», «le Lion est mort ce soir», «Faut rigoler», «Juanita Banana», «le Travail, c’est la santé», ou, au début des années 2000, «Jardin d’hiver».
Ce guitariste accompli avait été formé á l’école des grands musiciens noirs américains et de Django Reinhardt. Mais c’était surtout un artiste multiple: «J’ai fait du jazz, des sketches, des chansons drá´les, des comptines, du music-hall, de la télévision»,aimait-il répéter.
Avec Boris Vian, il avait introduit le rock en France (»Rock Hoquet», 1957) et composé quelques perles dont «Rock and roll mops» et «Le blues du dentiste».
En 2007, Henri Salvador avait publié son dernier album, au titre prémonitoire: «Révérence». Puis il avait pris la route avec sa guitare. Pour la dernière fois.
Un jour heureux c'est une victoire