.Il lui arrivait de penser á elle. Il se demandait souvent, si elle n’avait pas été le fruit de son imagination. Il arrivait á s’en convaincre. Il avait rêvé.
Il avait décidé vivre tout simplement. L’air était doux, les jeunes femmes remettaient des robes plus légères, les manteaux avaient fait place aux gilets.
Des rêves coquins l’assaillaient, et ce n’était pas pour lui déplaire. Simplement, la jeune femme qui partageait et assouvissait ses fantasmes, il ne voyait pas le visage.
Curieusement, il ne cherchait pas á lui mettre des traits.
Son corps, fin et souple, ainsi qu’un rire cristallin, impudiques dans une naá¯veté désarmante, le laissait au matin, charmé et ayant provoqué des masturbations qui finalement le comblaient.
Il venait de remettre ses lunettes et son cÅ“ur bondit. La silhouette au loin, ne pouvait être que la sienne .
Il était paralysé. Rêve, si c’était un rêve, une apparition, il voulait entrer dans cette dimension. Il ne savait que faire, son cÅ“ur et le sang á ses tempes faisaient plus de bruit qu’un tambour.
La silhouette s’approchait. Il n’y avait pas de doute.
Le manteau certes, avait fait place, á une longue veste fluide et de couleur tendre, et le bonnet de laine, lui, était remplacé par une petite capeline d’où s’échappaient des boucles chá¢tain clair.
Elle vint á lui. Il retrouva ce sourire, ce léger sourire qui dévoilait deux jolies fossettes, un regard bleu á se noyer.
Il n’avait pas bougé, pas esquissé un geste. Il ne pouvait pas mais surtout avait trop peur de faire fuir cette apparition divine. Car elle ne pouvait être qu’ange descendu sur terre. Cette grá¢ce et cette légèreté ,le laissaient interdit et subjugué.
Elle tendit la main, elle arriva contre lui.
Elle lui retira ses lunettes. Sa myopie profonde lui avait souvent servi, cela lui permettait de s’isoler, il se complaisait d’ailleurs, il se l’avouait dans ce monde aux contours flous lorsqu’il regardait de loin.
Elle était contre lui, et avant de baiser ces lèvres qui s’offraient á lui, avant de sombrer dans cette infinie douceur, de se noyer dans ses yeux, il vit qui elle était.
Il ne chercha pas á comprendre. Il lui sembla, voir, une silhouette d’une homme grand et maigre, qu’il avait déjá vu, parfois et qui souriait en les regardant tous les deux, enlacés.
Il lança en riant cette capeline au vent léger qui venait de se lever, et deux enfants essayèrent de l’attraper.
Ses boucles chá¢tain, douces et brillantes, libérées sur les épaules, il les reconnut.
Il reconnut ce parfum léger, de verveine, que portait sa laborantine.
Et soudainement, ce parfum l’enivra, tout comme ce corps souple, ce rire cristallin qui depuis des semaines accompagnaient ses nuits.
Il avait trouvé le visage de ses rêves.
Il voulut lui demander, si, elle avait un long manteau beige et un bonnet de laine tricoté, et alors qu’il esquissait les premières syllabes, il vit par-dessus son épaule, ce grand homme noir, qui mettait son doigt devant la bouche pour faire chutt !!!!!
Il lui prit la main, et ils coururent vers le laboratoire ils étaient en retard !
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